Et vous… quel est votre plus beau souvenir d’école ?
Mon plus beau souvenir d’école remonte à ma classe de CM1.
Nous avions un petit projet autour de la météo, et le professeur choisissait chaque semaine un élève pour présenter la météo du jour.
Quand c’était mon tour, il m’avait dit avec un sourire : « Je suis sûre que tu vas très bien t’en sortir. » Ce simple encouragement m’avait vraiment portée. J’avais préparé ma carte et ma présentation avec beaucoup de sérieux, et le jour venu, tout s’était vraiment bien passé. Je me souviens que mes camarades avaient applaudi spontanément, et j’avais ressenti une véritable fierté.
Ce moment m’a vraiment marquée car il m’a montré l’impact énorme qu’une parole positive peut avoir sur un enfant. C’est exactement ce que j’aimerais appliquer plus tard dans ma classe : instaurer un climat de bienveillance où chaque élève se sent soutenu et valorisé.
À l’inverse, un de mes pires souvenirs d’école remonte à un exposé. Il me semble que j’étais en CM2. J’avais travaillé mon sujet, mais au moment de parler devant la classe, le stress m’a complètement bloquée. Je parlais trop vite, ma voix tremblait et je n’arrivais pas à retrouver mon calme. Quelques élèves au fond de la classe avaient commencé à rire discrètement, ce qui m’avait mise encore plus mal à l’aise. C’est un souvenir qui m’a profondément marquée.
Avec du recul, cela renforce l’importance, en tant que future professeure, de créer un climat où les élèves se respectent entre eux, où personne ne se moque, et où chacun peut s’exprimer sans peur d’être jugé ou humilié.
Comment, quand et pourquoi avez-vous choisi cette formation de future professeure des écoles ?
J’ai toujours voulu être professeure des écoles.
Depuis toute petite, je disais à mes parents que je deviendrais « maîtresse ». Je jouais avec mes peluches : je leur faisais faire des dictées, je corrigeais des copies imaginaires et je préparais même des faux carnets de notes. Ce n’était pas un jeu passager, c’était déjà une vocation.
En grandissant, cette envie n’a jamais disparu. C’est pour cela que j’ai choisi de faire une licence en Sciences de l’Éducation : je voulais comprendre comment les enfants apprennent, comment se construisent les apprentissages, comment on accompagne chaque élève et comment on peut vraiment faire progresser une classe. Pendant cette licence, tous les stages que j’ai pu effectuer aussi bien en école maternelle qu’en école élémentaire m’ont encore plus confirmée dans mon choix. À chaque fois que j’étais dans une classe, j’avais ce même sentiment d’être à ma place. Observer, aider, encadrer, comprendre les besoins des élèves… tout cela renforçait l’évidence de ma vocation.
Aujourd’hui, être en Master MEEF est la suite logique de ce parcours. J’ai toujours su que je voulais exercer ce métier, et chaque étape, chaque stage, chaque expérience m’a confortée dans cette évidence.
En quoi la collaboration enseignants/artistes peut-elle donner du sens aux apprentissages ?
Je suis convaincue que collaborer avec des artistes peut vraiment enrichir les apprentissages.
Quand j’étais en CM2, un danseur de hip-hop professionnel était intervenu dans notre école dans le cadre d’un projet culturel. Il nous faisait travailler le rythme, l’expression corporelle, la coordination, mais aussi la confiance en soi.
Je me souviens que même des élèves très timides osaient participer, et que ceux qui avaient beaucoup d’énergie apprenaient à canaliser leurs mouvements. C’était frappant de voir comment un artiste pouvait transformer la dynamique d’une classe et donner du sens aux apprentissages par le mouvement. Cette expérience m’a vraiment montré que l’art permet d’aborder les notions autrement : par le ressenti, par le corps, par la création.
Les artistes apportent une sensibilité et une manière de comprendre le monde qui rendent les apprentissages plus vivants et accessibles.
Cette performance autour du témoignage d’Élisabeth a-t-elle modifié ou transformé votre perception du métier ? Quelles traces cela pourrait-il vous laisser ?
Le témoignage d’Élisabeth m’a fait prendre conscience de plusieurs aspects du métier auxquels je ne pensais pas forcément avant.
Elle expliquait qu’elle avait beaucoup aimé le contact avec les enfants et les familles, et cela m’a rappelé que la relation humaine est vraiment au centre du métier de professeure des écoles.
Elle disait aussi qu’elle avait travaillé en ZEP parce que c’était près de chez elle, mais qu’au final, elle avait énormément apprécié cette expérience. Elle trouvait cela parfois « égoïste », mais très gratifiant, parce qu’elle avait l’impression d’apporter beaucoup, et elle recevait en retour une reconnaissance énorme de la part des familles.
Cette idée montre que le métier ne se limite pas à transmettre des connaissances : il peut aussi apporter une richesse humaine très forte.
Enfin, lorsqu’Élisabeth disait qu’en tant que prof « on fait tout », cela m’a vraiment marquée. Cela montre la variété du rôle, la charge, mais aussi l’importance qu’on peut avoir dans le quotidien des élèves et des familles.
Ce témoignage modifie ma perception dans le sens où il me rappelle que le métier est à la fois exigeant, polyvalent et profondément humain.
La trace que cela me laisse, c’est l’envie d’exercer ce métier en étant disponible, bienveillante, et consciente de l’impact qu’un enseignant peut avoir, non seulement sur les élèves, mais aussi sur leurs familles.