Et vous… quel est votre plus beau souvenir d’ école ? Ou votre plus mauvais souvenir d’école !

Mon pire souvenir d’école a été le harcèlement que je subissais.

Je venais de déménager dans un nouvel arrondissement de Paris, j’ai intégré une nouvelle école où je ne connaissais personne. J’étais une enfant très timide et réservée, déjà fragilisée par des problèmes personnels et familiaux. Dans cette classe où tout le monde se connaissait, j’étais devenu “la nouvelle”, les regards, les murmures, et les moqueries sur mon apparence et mon comportement réservé ont vite débuté. Je me souviens plus particulièrement d’un vendredi où j’ai emmené mon journal intime avec moi à l’école car je passais tous les week-ends chez ma grand-mère : une élève avait pris mon journal intime, mon refuge, dans mon sac et l’avait lu devant les autres. Les rires et les moqueries des autres résonnent encore dans mes oreilles, je n’oublierais pas cette honte immense que j’ai ressenti. Comme si ce moment ne suffisait pas, des garçons sont venus me donner des coups et prendre mon goûter ajoutant à la liste une autre humiliation.

Un autre épisode dans cette école qui m’a marqué était à la piscine. Ce jour-là, je n’arrivais pas à enfiler mon maillot de bain dans ma cabine. Tout le monde avait déjà fini, j’étais la dernière. Des filles ont alors ouvert ma cabine en grand me laissant exposé à la vue de tous et écrasée par la honte. J’ai réussi à éviter toutes les autres séances de piscine de l’école grâce à mon asthme, en présentant des certificats médicaux.

Ces souvenirs ont fragilisé la petite fille que j’étais et qui n’avait rien demandé. Ils ont entamé la confiance que j’avais en moi et leurs traces m’accompagnent encore.

Comment et pourquoi avez-vous choisi cette formation de futur.e professeur.e des écoles ?

J’ai choisi cette formation grâce à mon expérience d’aide aux devoirs auprès d’enfants pendant mes années en licence de psychologie.

En les accompagnant, j’ai découvert combien j’aimais partager, expliquer et voir leurs yeux s’allumer lorsqu’ils comprenaient quelque chose. Un jour, je leur ai raconté les professeurs qui m’avaient le plus marquée au collège et j’avais encore les yeux qui brillaient. Ma professeure d’allemand, vivante et passionnée, qui aimait ses élèves et qui m’a redonné confiance pour participer en classe et que j’ai encore son contact sur les réseaux sociaux. Mon professeur d’histoire-géographie rendait ses cours tellement vivants qu’on avait l’impression de revivre les événements : il rampait par terre pour nous montrer les tranchées, ses récits devenaient des films, il savait nous captiver. Ma professeure de français de 6ème et 3ème a suivi mon évolution de comportement et m’a encouragée dans mes lectures, mon professeur de musique nous a fait chanter l’hymne européen en allemand et en français devant un public dans la cour un souvenir et des paroles que je garde encore 11 ans après et mon professeur de sport qui m’a fait découvrir le basket-ball.

Ces professeurs ne se contentent pas de transmettre seulement leurs connaissances. Ils ont marqué ma vie et créé des souvenirs.

C’est exactement ce que je veux être : une professeure qui transmet, accompagne et laisse des traces positives dans la vie de ses élèves.

Projetez-vous en tant qu’enseignant.e : comment la collaboration entre enseignant.s et artistes peut-elle renforcer le sens des apprentissages à l’école ?

Selon moi, la collaboration entre enseignants et artistes peut réellement renforcer le sens des apprentissages à l’école.

Travailler avec des artistes permet de transformer la manière dont les élèves apprennent, ils peuvent apporter des savoirs aux élèves qui vont leur permettre de les vivre et les ressentir et même les interpréter de différentes manières. Ils vont s’impliquer pleinement et de façon ludique et donner du sens à ce qu’ils font. Ils vont non seulement acquérir des connaissances mais garder une expérience mémorable.

Je trouve que les meilleurs souvenirs de scolarité sont souvent liés à une expérience artistique.

Cette performance autour du témoignage d’ Élisabeth a t-elle modifié ou transformé votre perception du métier ? Quelles traces cela pourrait-il vous laisser ?

La performance m’a vraiment touché et était vraiment singulière et authentique.

Le témoignage d’Elisabeth était profond et j’avais l’impression de l’avoir vu à travers les voix de Jana, Stéphane et de l’intelligence artificielle.

Le récit d’Elisabeth m’a démontré encore plus l’admiration pour l’engagement des enseignants, sa dimension gratifiante et humaine notamment en ZEP. Les détails précis de son histoire à travers la voix chaude et vivante de Jana les décrivant étaient très réalistes et m’ont permis de mieux cerner la complexité de ce métier d’enseignant.

Les échanges que nous avons partagés avec ces artistes et les histoires, les avis et les anecdotes que nous avons racontés ont ajouté une immersion supplémentaire et un moment qu’on ne partage pas souvent.