Ce lundi 15 décembre 2025, un groupe d’étudiants de M1 a accueilli une artiste, comédienne et chanteuse classique, Héloïse Cholley de la Compagnie Sandrine Anglade à Saint-Germain-En-Laye.
Voici un extrait du compte rendu de deux étudiantes, Lison et Kambia qui ont écrit en préambule avoir eu « Le privilège de recevoir cette intervenante » dans leur classe.

Pour nous permettre de comprendre ce que c’est d’être sur scène, Héloïse nous a fait asseoir en cercle sur des chaises ; nous étions dans une des salles de classe de l’INSPÉ. A tour de rôle, nous devions nous présenter et évoquer deux anecdotes, une vraie et l’autre fausse, sans préciser laquelle était vraie. Puis, elle nous a demandé de nous présenter, mais cette fois-ci, nous devions évoquer de façon convaincante une des anecdotes d’une autre personne dans le groupe. Cela nous a permis d’avoir une bonne atmosphère et d’être à l’écoute les uns des autres.
Ensuite, Héloïse nous a expliqué qu’il existe 7 niveaux de tensions. Il y a l’état catatonique : lorsque nous sommes mou et lent ; californien : un peu plus dynamique ; Neutre/économique ; Alerte/curieux : énergétique ; Mélodramatique/suspens : expressif et ample ; Passionné : et Tragédie : tendu/rigide.

Après ces explications, Héloïse nous a proposé de faire différents exercices.

Au premier exercice, nous nous sommes mis debout et avons fait différents étirements (plier les genoux et se pencher en avant tout en ayant les bras tendus vers le bas, tendre les bras à l’horizontal, etc.…)

A la fin de l’exercice, nous avons fermé les yeux et imaginé que le mur (dans la classe) se trouvant le plus proche de notre dos s’était collé à notre dos ; nous avons dû avancer avec le mur « imaginaire » collé au dos. Lorsqu’elle nous a demandé notre ressenti sur ce que cela faisait, plusieurs d’entre nous ont répondu que c’était difficile et pénible, que le mur était lourd sur notre dos.

Pour le deuxième exercice, nous devions nous déplacer dans tout l’espace de la classe à différentes vitesses (vitesse 3, vitesse 5, vitesse 8). Nous avons ensuite fixé nos yeux sur l’un de nos collègues sans qu’il le sache et le but était d’imiter sa façon de marcher.

Ensuite, nous avons dû nous déplacer avec les niveaux de tension qu’elle nous imposait. Enfin, nous nous sommes assis de nouveau en formant un rond pour faire le dernier exercice. Il y avait une chaise en face, à tour de rôle, il fallait choisir un niveau de tension et se déplacer jusqu’à la chaise, s’y asseoir et revenir à sa place, tout en restant dans le niveau de tension que nous avions choisi.

A travers ces différents exercices, nous avons pris conscience que le corps est un moyen d’expression et qu’il nous permet de communiquer sans utiliser notre voix.

Après cela, nous nous sommes rendus à l’extérieur du bâtiment, pour faire trois exercices particuliers axés davantage sur la voix.

Le premier était une sorte de jeu dans lequel deux équipes devaient s’affronter (Héloïse nous a séparés en deux groupes). Chaque équipe devait être rangée en file indienne. Nous devions
nous affronter tour à tour dans le cadre suivant : se serrer la main tout en disant bonjour puis nommer un film. Par exemple, personne A (de l’équipe 1) : « Bonjour Pirates des Caraïbes », personne B (de l’équipe 2) : « Bonjour Le Seigneur des anneaux ».

Pour le deuxième exercice, Héloïse nous a distribué un extrait d’une pièce de théâtre « le conte d’hiver » de William Shakespeare dans laquelle la reine nommée Hermione était jugée pour adultère envers son mari, le roi Léonte. Nous nous sommes placés en ronde. Nous avons fait une première lecture de l’extrait, à tour de rôle, chacun lisant une phrase, jusqu’à ce que tout le monde ait lu. Après cela, quelques-uns d’entre nous ont lu quelques lignes sans prononcer les sons consonnes (ce qui était assez amusant).

Enfin, le dernier exercice était une sorte de jeu de rôle où nous nous sommes de nouveau divisés en deux groupes. Un groupe était Hermione et devait se défendre, l’autre jouait Léonte et le public.

Ces jeux que Héloïse nous a fait faire, étaient un moyen de nous apprendre à utiliser notre voix, à la faire entendre sans crier.

L’intervention d’Héloïse nous a beaucoup plu, nous étions tous ravis. Cette expérience nous a permis de relâcher beaucoup de pression, de nous exprimer autrement et d’interagir d’une manière différente entre collègues. Nous leur avons demandé leur avis sur cette expérience, et voici quelques réponses :

Cet atelier d’Éducation Artistique et Culturelle a été suivi dans le cadre de l’Elément constitutif (EC) « Corps et voix » et initié par Astride Bertolacci, leur formatrice en lien avec le soutien du service EAC.

Un peu surpris et étonnés en début de séance, nos futurs enseignants se sont vite inscrits dans les propositions d’Héloïse. La découverte des 7 niveaux de tension et leur expérimentation a été un moment fort pour nos étudiants. Ils ont pris conscience qu’identifier le niveau de tension de l’autre n’est pas toujours aisé. Il est pourtant primordial pour des enseignants de savoir identifier les émotions et leurs manifestations chez leurs élèves.
Suite à cette expérience sensible, aux techniques abordées, les étudiants ont acquis certaines des compétences pédagogiques qui faciliteront les interactions avec leurs élèves.

Crédit photo : Maud Kerforne – Assistante-gestionnaire des services EAC – RI à l’INSPÉ de l’académie de Versailles.